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A.B-D-K-

Liste D'articles

  • Fate Stay Night - Unlimited Blade Works
    Mais que fait LaPoof ? Voici un mois, voire plus, que je n'ai donné aucun signe de vie. C'est que je suis tombée dans un piège chronophage, quoique volontairement il faut bien l'avouer. J'ai mis le pied, les mains, les deux neurones qu'il me reste dans...
  • Aube
    暁 akatsuki, l'aube On'yomi : キョウ, ギョウ / kiu, giu Kun'yomi : あかつき / akatsuki 12 traits Niveau 7e année (collège) Radical 72 日 Ce kanji fait partie des kanjis traditionnels tolérés dans les noms et, dans ce cas, peut se lire あき[aki] ou encore あきら[akira]...
  • De la mondialisation et de ses difficultés inattendues
    Parfois, on rencontre des difficultés inattendues. Il y a deux ans je déménageais à Maurice, zone Afrique donc EMEA, ça a son importance . N'ayant pas amené avec moi la totalité de mon barda et ayant désespérément besoin d'imprimer, j'ai fini par acheter...
  • Le père ... No!
    Une toute petite BD un brin irrévérenscieuse mais de circonstance aujourd'hui avec Le père... No! Découvrez l'envers du décors ! Prenez en compte les sentiments de ce forçat de la fête organisée et plaignez-le, vraiment, le petit père ne rêve que de dire...
  • L'eau
    水 mizu, l'eau On'yomi : スイ / Sui Kun'yomi : みず / Mizu Je déroule mon fil avec aujourd'hui le kanji de l'eau, plus facile que la pluie avec ses quatre traits. Comme celui de la pluie, il fait partie des 80 kanjis à apprendre en première année de primaire...
  • Okko
    Okko est une BD d'aventure dont l'action se situe dans un Japon médiéval légèrement saupoudré de fantastique avec quelques démons et divinités plus ou moins conciliantes . L e style samouraï est repris ici sans son vernis romanesque, un peu comme dans...
  • La pluie
    雨 Ame, la pluie On'yomi : ウ / U Kun'yomi : あま / Ama ou あめ / Ame Un kanji de circonstance aujourd'hui où de brèves ondées viennent rafraîchir l'air. On le retrouve dans tout un tas de concepts mettant en cause la pluie, comme bruine, nuages de pluie, ouragan,...
  • Question de look
    Je m'exaspère moi-même. Le look de ce blog ne me convient pas. Le design qu'il avait depuis sa création ou presque a fini par me lasser. Malgré les nombreux style proposés par over-blog, rien ne me convient tout à fait. Je vais devoir mettre le nez CSS...
  • Le sourire du clown
    Une série en trois tomes finie qui met en scène la vie d'une cité, ses habitants, ses espoirs, sa violence, son amertume, ses rires, son curé, ses imams, le tout sur fond d'enquête autour d'un meurtre, celui de Groko, simple clown qui rêvait de changer...
  • Nabi
    Non, je ne vais pas vous parler du mouvement artistique éponyme, mais vous emmène faire un petit détour du côté du manhwa, le manga coréen, avec un titre au graphisme époustouflant. C'est ce dernier qui m'avait fait choisir cet ouvrage au milieu des autres...
16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 10:27

amelie-nothomb-une-forme-de-vie.jpgAmélie Nothomb soulève toujours en moi une quantité d'émotions contradictoires : un petit goût de déloyauté (désolée Seb), l'espoir de trouver quelques unes de ces petites phrases assassines qui me font tellement rire, la crainte de me perdre dans un texte trop littéraire pour les deux neurones qu'il me reste, la peur de la déception après avoir lu d'elle autant de romans qui m'ont plu que de romans qui m'ont déplu... Du coup, je reste toujours dans l'expectative face à ses nouvelles sorties.

Acheter ? Ignorer superbement ? Non, ça je ne peux décidément pas. Voyons voir la quatrième de couv... 

Et là le piège se referme, car la bougresse, à moins que ce ne soit son éditeur, a le sens de l'accroche. Une seule minuscule petite phrase et vous vous retrouvez à lire le premier chapitre voire plus, bouchant éhontément le passage en pleine cohue de la rentrée.

Voilà à peu près comment j'en suis venue à acheté Une forme de vie, la toute dernière autofiction de la demoiselle. Je trouve que ça lui va bien la demoiselle. Un rien désuet, avec un petit côté bien éduqué, un peu rêveur, à fleur de peau, pouvant devenir cinglant... Je m'égare. 

Une forme de vie est un récit à forte tendance épistolaire, un genre que, personnellement, j'aime assez.

Tout commence lorsque Fictive-Amélie reçoit une lettre d'un appelé en Irack, missive à laquelle elle décide de répondre (ce que fait, semble-t-il, assez souvent, véritablement Vrai-Amélie), engageant ainsi une correspondance inattendue avec un soldat souffrant d'une maladie à la mode, l'obésité.

Prétexte est bon pour parler à la fois de la guerre, de la situation socio-politique américaine, des épîtres et de leurs aficionados, mais surtout, c'est le thème, repris par le titre, de l'obésité. 


Si les enrobés peuvent susciter de la sympathie, les obèses sont haïs, c'est comme ça.


Au delà de l'intrigue, qui n'en est pas vraiment une, Amélie Nothomb distille quelques ressentis très percutants et très vrais sur cet embarrassant problème, même si certaines trouvailles m'ont semblé farfelues voire déplacées. Jugez plutôt.

[...] on ne dira jamais assez le calvaire de l'obèse. Les esclaves qui ont bâti les pyramides n'étaient pas si chargés que moi qui ne peux déposer mon fardeau à aucun instant.

[...]

 La vérité, c'est que nous sommes les pires junkies de la terre. 

[...]

L'obésité est une maladie. Quand quelqu'un a le cancer, personne n'est assez impudent pour lui suggérer le dépassement de soi.

 

Oui, la bouffe est une drogue. Les accros du chocolat, dont je suis, le savent, eux qui deviennent nerveux quand ils n'ont pas leur dose régulièrement. Une drogue, dont on ne peut raisonnablement se passer si on veut vivre, mais dont il faudrait à tout prix endiguer l'addiction. Vu comme ça, c'est un peu délicat à mettre en place, n'en déplaise à Dukan. Peut-être que les mangeurs d'ersatz protéiné ont tout compris finalement. Ne dit-on pas à un alcoolique qu'il ne pourra plus jamais toucher une goutte d'alcool sous peine de replonger ? Mais je m'égare encore...

Une forme de vie est un roman qui fourmille de points de vue et d'idées sur tout un tas de thèmes. J'en ai listé quelques uns, mais on pourrait sans doute en trouver d'autres. Il est beaucoup plus engagé que Le fait du prince (qui m'a bien plu) ou Peplum (que je n'ai pas aimé du tout), même si, dans chacun de ses romans, Amélie Nothomb aime à apporter son regard si personnel .

Juste pour dire, je m'étais promis de ne plus présenter de livre d'Amélie Nothomb ici.

Pourquoi ? Parce que cette auteur déplait fortement à mon beau-frère et que j'adore mon beau-frère. Alors pourquoi mettre sous son nez virtuel ces lectures honnies quand je peux me contenter de les bouquiner en douce à douze fuseaux horaires du réel appendice ?

Ceci dit, Une forme de vie touche un sujet sensible. Pour le coup, j'ai eu envie d'en parler. Et puis je viens de voir une petite vidéo d'elle expliquant la genèse de ce dernier roman aux Bibliothèques Idéales de Strasbourg que je trouve intéressante à partager.


 

 

Amélie Nothomb
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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 15:22

Fables de La Fontaine - Dautremer

 Une trentaine de fables choisies sont présentées dans cet album, certaines connues de tous, d'autres un peu moins, mais qui sont toutes illustrées ici par Rebecca Dautremer.

 

Je vous l'ai déjà dit, les dessins de cette artiste m'attirent comme un aimant et j'ai une fois de plus cédé à l'appel. J'ai un faible pour elle et j'ai glané au fil des années pas mal de ses albums.

Je trouve qu'elle rajoute une dimension poétique à tout ce qu'elle illustre ou écrit. Je la soupçonne d'ailleurs d'être l'auteur de la quatrième de couverture :

 

 

Quand la bise fut venue,

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Dit à la Cigale, sa voisine :

"Adieu, veau, vache, cochon, couvée...

Rien ne sert de courrir, il faut partir à point.

Mais que faisiez-vous au temps chaud ?

- Je chantais ne vous déplaise.

- Eh bien lisez maintenant !"

Et la chétive pécore lut tant et si bien,

Qu'elle enfla et qu'elle creva

Sans autre forme de procès,

Leur montrant avant sa mort,

Que la lecture est un trésor !

 

Les fables sont l'envers des apparences,

Il faut pour les goûter, retourner les évidences.

 

 

 

Une très belle manière de revisiter ses classiques ou de les faire découvrir à ses enfants.

 

 


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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 20:49

Des Nouvelles du TibbarLaPoof que je suis a postulé, sans grand espoir, à Masse Critique. Cet évènement, organisé par Babelio, permet à quelques chroniqueurs sélectionnés sur leurs critiques de recevoir un ouvrage en échange d'une critique justement, bonne ou mauvaise, c'est le jeu, à fournir dans le mois suivant la réception du livre.

Pourquoi sans grand espoir ? Et bien parce que je n'ai encore posté aucune critique sur Babelio, que je n'en poste que peu, très peu, depuis longtemps, trop longtemps sur ce blog. 

Mais pour moi qui rêve de devenir lecteur dans une maison d'édition, c'était tout de même trop tentant.

Et bien devinez quoi ? Lapoof est sélectionnée ! Lucky !

(ah gomen, gomen, je suis (re)tombée dans Grande Line récemment)

Je vais donc recevoir (kitto) Des Nouvelles du Tibbar (du café du coin ?).

Je sens que ça va me plaire. Impatiente je suis.

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 00:00

Voici deux mangas que j'ai lu dernièrement, qui m'ont particulièrement plu. En fait, ces deux mangas sont assez proches et Freesia que je viens de recevoir m'a beaucoup fait repenser à Jackals que j'ai découvert l'hiver dernier.

Tout d'abord, les deux commencent de manière abrupte, l'un par une décapitation et l'autre par un viol, histoire de mettre tout de suite dans l'ambiance. Si le procédé est largement utilisé au cinéma, il est plus rare en BD. C'est qu'ils partent du même principe de base : un monde où on engage des professionnels de manière tout à fait reconnue voire tout à fait légale dans Freesia. Certains comparent d'ailleurs Freesia avec Ikigami pour ce côté légal, ce en quoi je ne suis pas vraiment d'accord. Dans Ikigami, le gouvernement décide de manière arbitraire et aléatoire d'éliminer un pourcentage de la population pour inciter le reste à "mieux vivre" sa vie. L'accent est mis sur la psychologie des victimes qui savent vivre leurs derniers instants et sur l'inhumanité des décisions des dirigeants qui oeuvrent "pour le bien de tous". Dans Freesia, comme dans Jackals, c'est la psychologie des tueurs et leur humanité malmenée qui est mise en avant. 

 Si les deux traitent un sujet similaire avec une intrigue reposant sur des bases très voisines, les auteurs procèdent d'une manière radicalement différente dans le fond et la forme.

L'action, par exemple, est placée dans des mondes aux antipodes. Les personnages de Jackals évoluent dans une ambiance XIXe qui rappelle les séries noires américaines avec la prohibition et les villes pleines de gangsters ou encore Gotham City, sa corruption et sa déchéance, ambiance fort éloignée dans le temps et l'espace du lecteur japonais. A l'opposé, Freesia pourrait se situer au Japon justement. Un Japon en guerre, dont les lois seraient autres, mais très proche tout de même du pays réel actuel. Le choix du contexte n'est pas innocent, on ancre le lecteur dans la fiction ou dans la réalité. Plus le monde est proche du lecteur, plus les dissonances provoquent un malaise, ce en quoi Freesia est très percutant. L'article sur lui que j'avais lu, laissait d'ailleurs transparaitre un chroniqueur quelque peu perturbé par ce manga. C'est ce qui a titillé ma curiosité et m'a poussé à l'acheter.

JackalsDans Jackals, le graphisme de Kim Byung Jin est axé plus sur les personnages que sur les décors. Il est agréable, bien contrasté, très "lisible" et dynamique, effet produit notamment par la grande liberté prise avec les cadres dans les planches et par les changements permanents d'angle de vue. Les images gores y sont nombreuses. Ceux des personnages principaux ayant lieu à l'arme blanche, de très grosses armes blanches, les combats et les blessures sont spectaculaires et sanglants. Mais si Jackals est très violent dans la forme, le tout reste cependant très esthétique. Les visages sont beaux, les corps splendides, les combats magnifiques, quoique implacables. Les jackals, mercenaires assassins, sont présentés comme condamnables mais on en fait l'apologie. Et puis à l'opposé de son petit côté "saignant", les thématiques de fond de ce manga sont très morales. Jackals est d'abord et avant tout un hommage à la liberté et à l'indépendance, même si on y parle d'amour filial, d'amitié, de vengeance et j'en passe. Les personnages, fiers, rebelles, libres, sont très charismatiques et aucune mesquinerie ou noirceur quelconque ne vient entacher leur personnalité. Enfin l'intrigue développée par Shyn'ia Murata est simple, bien menée, bien rythmée mais somme toute assez classique, ce qui n'enlève rien au plaisir de cette série, j'ai adoré, mais forme un cadre lumineux où la violence est celle des images seules.

FreesiaA l'inverse, dans Freesia, la structure des planches est plus traditionnelle. Le tracé est très inégal, tantôt limpide, tantôt brouillon, ce qui peut déranger. Jiro Matsumoto alterne les dessins mal dégrossis, voire carrément maladroits avec les planches superbes, très détaillées, et quelques unes encrées. Ce choix graphique illustre bien les multiples facettes des situations et le déséquilibre psychologique des personnages et participe à l'ambiance générale. Les images sanglantes y sont moins présentes que dans Jackals, du moins dans les deux premiers tomes. Les exécutions au révolver étant moins spectaculaires, ceci explique peut-être cela, mais l'intrigue semble également plus dense. Ceci dit, ce manga n'est assurément pas "tout public", d'autant plus que Freesia intègre, contrairement à Jackals, de nombreuses scènes pornographiques qui participent à la compréhension des personnages et du récit (pas de fan service ici). La scène de viol du début est très sobre, beaucoup moins dérangeante que le sexe au quotidien souvent mis en situation de façon particulièrement trashDe même, la vengeance n'est pas présentée comme étant condamnable mais la manière dont les exécuteurs s'acquittent de leur tâche est assurément malsaine. Les limites de la normalité et de l'inacceptable sont malmenées et Freesia fait preuve à mon avis d'une violence plus psychologique que visuelle. Les personnages sont en place en tout cas et Hiroshi Kanô, au centre de l'action, est réservé, indifférent et se laisse porter par les évènements, ce qui fait de lui un exécuteur pour le moins implacable. On est loin du héros rebelle. Les grandes thématiques sont sans grand intérêt ici. Ce n'est pas le propos. L'auteur joue plutôt sur les contrastes entre le passé, la personnalité, les particularités, les aspirations et les actes de Kanô. On ne voit pas encore très bien où tout ça va nous mener mais on espère une intrigue complexe et sombre dans le plus pur style des meilleurs thriller. Je croise les doigts. 

 

Jackals

Jackals1.jpgScénario Shinya Murata

Dessin Kim Byung Jin

7 tomes - série finie au Japon et en France

Publication VO Square Enix 2006 / 2008

Publication VF Ki-oon entre sept. et déc. 2009

Public  : ado / adulte. aurait mérité un avertissement

 

L'ensemble des 7 tomes est de bonne qualité avec un récit bien développé. C'est une série très agréable. Juste pour dire, Alligator Nichol, le personnage principal n'est pas sans rappeler Ichigo (Bleach) que ce soit au niveau graphique ou au niveau de la psychologie du personnage. Ressemblance physique, arme hors norme, amour démesuré de la mère, performances physiques exceptionnelles, personnalité très stable, quoique très combative, petit côté blasé et ténacité à toute épreuve, tout y est. Avec son alter ego, Foa Requiem, on n'a un tandem de choc. Pour le plaisir des yeux.

Synopsis

Cicéro City, Etats_Unis, XIXe. Alligator Nichol fait parti des nombreux Jackals, ces tueurs professionnels indépendants qui louent leurs services dans cette ville corrompue. Il tient son nom de l'arme démesurée qu'il utilise pour remplir ses contrats et qu'il a hérité de sa mère, un jackal de légende surnommée La Grande Faucheuse. C'est que l'Alligator provoque des dégâts sanglants. Combattre avec elle tourne au carnage tant les victimes méconnaissables semblent avoir été déchiquetées par l'animal du même nom. Nichol ne cherche pourtant pas la reconnaissance mais essaye seulement de survivre avec les siens dans le monde sans pitié de Cicéro City où Grabriella et Tennouren, deux grandes familles mafieuses, luttent pour le pouvoir par jackals interposés. Nichol vient justement de remplir un contrat pour Gabriella en "nettoyant" un bureau de Tennouren lorsque Abraham Green Eyes, un membre de l'état major de Gabriella, arrive pour solder les comptes.


Jackals2Jackals3Jackals4Jackals5Jackals6Jackals7   

© 2006 / 2008 Shinya Murata, Kim Byung Jin / Square Enix

 © 2009 Shinya Murata, Kim Byung Jin / Ki-oon


 

Freesia

Freesia-1.jpgAuteur Jiro Matsumoto

12 tomes - série fini au Japon

2 tomes édités en France, tome 3 prévu pour sept 2010

Publication en VO 2003 / 2009

Publication en VF 2010 / ??

 

Public  : adulte averti

Au vue des deux premiers tomes, on est en droit d'en attendre beaucoup de Freesia. J'apprécie tout particulièrement cette façon de mettre en porte-à-faux les lieux communs de la morale et de la loi à l'aide d'un personnage que d'aucun considèrerait comme profondément dérangé. Espérons qu'il ne nous décevra pas et que les tomes ne sortiront pas au compte-goutte. 

 

Synopsis

Sous des dehors de jeune homme sans histoire, Hiroshi Kanô est tout sauf normal, bien que se considérant comme tel. Schizophrène au dernier degré, il gère, sans angoisse aucune, ses hallucinations visuelles et auditives, avec le même détachement, la même absence d'émotion qui régie sa vie et ses relations. Il ne fait d'ailleurs pas vraiment la part des choses et passe des heures à discuter dans un snack avec une jeune femme inexistante face à une chaise vide sous l'oeil incrédule des serveuses. Il cherche juste à  maintenir l'équilibre avec l'extérieur et à se fondre dans la masse. Une petite amie, un boulot sont l'apanage de la normalité à laquelle il aspire et il répond avec joie à la convocation qu'il a reçu d'un cabinet juridique pour ce qui s'avère être un poste d'exécuteur. Il rencontre alors sur place le sosie en chair et en os de son interlocutrice préférée, ce qui provoque immédiatement chez lui un malaise. C'est que Hiroshi possède de manière innée un sens du danger qui confine à la prescience et lui a, jusque là, toujours permis de survivre dans ce pays en guerre où la violence est monnaie courante.


Freesia-2

 © 2003 / 2009 Jiro Matsumoto / Shogakukan

 © 2010 Jiro Matsumoto / Kaze

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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 21:42

ames-croiseesAu détour d'un rayon, j'ai découvert avec une joie gourmande le tout dernier Bottero, Les âmes croisées. Je l'ai repéré de loin, le style de sa couverture ne laissait aucun doute, les livres de Bottero étant tous illustrés par le même dessinateur, Gilles Francescano.

C'est que je lis cet auteur depuis que j'ai mis la main sur Ewilan. J'ai même un bouquin dédicacé au détour d'une improbable rencontre au salon du livre de Mouans Sartoux. Je me souviens d'un homme affable, intimidé et un rien étonné, lui qui est classé dans la littérature jeunesse, de dédicacer son livre à une adulte, alors que celle-ci était affublée de trois gamines excitées.

« C'est pour … ? »

« Pour, moi »

« Ah ? »

« Non, mais ma grande est trop jeune encore. Les « gros » livres lui font encore un peu peur. »

« Il ne faut pas les forcer. La mienne qui voulait à tout prix lire le livre de papa, l'a commencé trop tôt et n'a jamais réussi à aller au bout. »

Peut-être pour ses personnages, peut-être pour leurs aventures, j'ai aimé chacun de ses livres qui me sont tombés sous la main.

La quête d'Ewilan et sa suite les mondes d'Ewilan tout d'abord, dont je vous avais déjà parlé, ainsi que Le pacte des Marchombres. Ces trois trilogies sont issues du même monde. La dernière revient sur la vie de l'un des personnages secondaires des deux premiers opus, Ellana.

L'autre, ensuite, dont l'action se situe dans notre monde mais qui fait un pont avec le monde d'Ewilan. Et enfin les âmes croisées, qui s'il peut être lu de manière totalement autonome, était manifestement conçu pour avoir une suite.

Des livres jeunesses, indéniablement, mais avec de bonnes idées, dans un monde cohérent et que j'apprécie d'autant plus qu'ils mettent souvent en scènes des héroïnes jeunes, fortes, indépendantes, tenaces, libres... Des livres que j'espère voir entre les mains de mes gonzesses un jour. Avoir lui-même deux filles aura peut-être guidé sa plume.

La jeune Nawel fait partie des Perles. Bientôt aura lieu la cérémonie d'intronisation qui lui permettra de revêtir la Robe de sa future fonction. Seules les hautes tâches sont dévolues aux Robes. La multitude des Cendres s'occupe quant à elle des basses besognes. Nawel est déjà presque sûre de savoir quel avenir choisir.

La lecture des Âmes croisées amène une réflexion sur les conséquences de ses actes, l'émancipation, le libre arbitre. Elle laisse supposer une suite, et un cross-over, probablement avec L'Autre, du moins c'est l'impression que le livre m'a laissé.

Toutefois, nous ne connaitrons jamais la suite des aventures de Nawel, sauf à les imaginer nous même. Pierre Bottero est décédé en novembre dernier, dans un accident de moto. Moi qui ne sourcille jamais au décès des célébrités, je suis restée atterrée en lisant la note de l'éditeur. Je me suis sentie blêmir en plein Carrouf et j'ai mis plusieurs jours à m'en remettre. En fait je ne m'en suis pas encore remis je crois. Peut-être parce que je l'avais rencontré. Peut-être parce que ses livres ont souvent fait écho en moi pour l'esprit qui y transparait, une certaine vision de la vie, pleine d'humanité et d'équilibre.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 14:16
elantris chuteelantris rédemptionChute et Rédemption de Brandon Sanderson

D'habitude je ne prête que peu de cas aux éloges de la quatrième de couv'. Ce n'est en général rien de plus que de la propagande publicitaire. Il se trouve toujours quelqu'un pour avoir apprécié un bouquin et si ce n'est le cas on en trouve un autre qui voudra faire parler de lui par éloge interposée. Plus la personne est célèbre, plus elle est en rapport avec le sujet supposé du livre (elle ou son activité) et plus le livre a des chances de "marcher". Marketing quand tu nous tiens.

D'habitude... Sauf que dans le cas présent, la petite phrase élogieuse émane de Orson Scott Card, auteur faut-il le rappeler de La stratégie Ender, en bonne place dans mon top 10 des bouquins de SF, l'un des tout meilleurs de ce que j'ai pu lire jusqu'à présent selon moi.

J'ai donc cédé à l'appel des sirènes. Ce n'est pas que je le regrette mais... je ne sais pas. Pour le coup je m'attendais à mieux. C'est qu'on m'avait vendu "Le meilleur roman de fantasy de ces dernières années". Hmmpfff. Comme quoi trop d'éloges tue parfois. 

Ceci dit Elantris n'est pas un mauvais roman. C'est même un bon bouquin, bien amené, avec des personnages aux personnalités complexes, un monde intéressant et des péripéties amusantes. Alors au fond qu'est-ce que je lui reproche ? Je sais pas trop... il lui manque quelque chose pour laisser une vrai trace dans ma mémoire. Je sais déjà que je l'aurai bientôt oublié ... et sans doute revendu.
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 16:32
droit-du-sol-copie-1.jpgDe retour sous les tropiques, je furète partout pour trouver quelques livres ou BD à me mettre sous la dent. La Guadeloupe n'est pas Maurice et il y a plus de matière ici, même si on est loin de la profusion des FNAC métropolitaines. Un bon point pour mes trois ans à venir.

Ce qui est amusant quand on voyage, c'est qu'on trouve parfois des ouvrages qu'on ne remarquerait pas en métropole. Ainsi, je suis tombée sur "Droit du sol", un roman graphique sur Mayotte et ses dérives, bien en évidence au milieu d'autres titres sur la condition des noirs en plein Carrefour-DrestreLand. A Maurice, il y avait un rayon entier de témoignages de femmes indiennes traitant de la difficulté de leur condition. A chaque région ses préoccupations.
Petite parenthèse, j'ai eu celui-ci à 27.60 €, contre 24 € officiellement (sûrement un peu moins sur Amazon ou à la FNAC), soit +15%. Je vais essayer de donner à partir de maintenant les prix d'achats auxquels je trouve les bouquins ici en Guadeloupe comme comparatif avec les prix métropolitains.

"Droit du sol" est écrit par un médecin ORL vivant à la Réunion, Charles Masson, qui connait bien le problème de Mayotte. Cet auteur n'en est pas à son coup d'essai, mais je ne le connaissais pas du tout. Je ne me souviens  d'ailleurs même pas d'avoir croisé un de ses ouvrages au détour d'un rayon.

Ce pavé de plus de 400 planches retrace les chemins croisés de quelques personnages, des blancs, métros arrivés ici avec chacun dans leurs bagages leurs histoires personnelles, leurs espoirs, leurs dérives et leurs certitudes et les noirs, locaux aux prises avec les difficultés de la vie à Mayotte et les clandestins ayant tout risqué, jusqu'à leur vie même, eux qui ne savent pas nager, en traversant depuis les Comores sur les Kwassas, frêles esquifs surchargés et tentant désespérément d'obtenir des papiers, quitte à tenter la traversée en fin de grossesse pour obtenir le « droit du sol » pour leurs enfants.


L'écriture est sans concession et fait feu de tout bois. Lâches, pervers, gendarmes, musulmans, politiciens locaux véreux, déceptions des quelques personnes tentant encore de sauver quelque chose, profiteurs de misère humaine, politique nationale et son cortège de lois accentuant les difficultés, racisme latent ou déclaré de tous envers les clandestins... Tout y est épinglé. Et si la place y reste pour quelques espoirs, on ressort de la lecture le front barré d'un lointain malaise et on comprend pourquoi ceux qui revenaient de Mayotte avaient une ombre dans le regard.

Et pourtant... ce livre reste cruellement « politiquement correct ».


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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 07:05
Info ou intox ?
Les téléphones seraient équipés pour pouvoir être utilisés comme mouchards par les services généraux.

On savait déjà qu'ils étaient faciles à localiser. On se doutait que les conversations pouvaient être tracées, écoutées. Mais là on nous a parlé d'un truc surréaliste : même éteint, un portable pourrait être programmé en micro d'ambiance à notre insu et permettre l'écoute des conversations.
C'est L. un ex grand ponte d'un gros fabriquant de téléphone qui nous l'a affirmé au détour d'un barbecue il y a quelque temps. Il avait l'air très sûr de lui. Pourtant j'ai du mal à comprendre comment ça pourrait marcher techniquement parlant.
S'est-il moqué de notre crédulité ?

Quoi qu'il en soit, il faudrait encore avoir identifié les téléphones des personnes qu'on souhaite espionner. James Bond a encore du boulot.
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 08:22
Dans la catégorie manga, je voudrais les Shojo, entendez par là "manga pour filles".

En voici deux qui suivent à peu près le même schéma.
L'intrigue se passe au lycée. L'histoire débute en première année et nous suivons les personnages juqu'à leur sortie du lycée. La trame de fond n'est pas la scolarité, on s'en doute, mais bien les amourettes qui se nouent entre les personnages et plus particulièrement deux d'entre eux. De vacances en fêtes incontournables (Noël, la St Valentin, ...), on égrenne le rythme de la scolarité nippone avec ses kermesses et ses festivals, tout en démélant les noeuds de ces amours naissantes.
Les premiers regards, les déclarations, le premier baiser, les ex qui font de l'ombre, les petites et grandes trahisons, les ruptures et réconciliations, tout y passe...

Au début, je me disais que la jeunesse nippone devait être bien naïve si ça se passait comme ça, mais en y repensant, je n'étais pas bien dégourdie non plus au lycée...
Bref, deux mangas, un peu mielleux certes, mais souvent drôles et qui plairont aux filles (enfin surtout aux collégiennes).

Bokura ga ita

auteur du manga Yüki Obata
26 épisodes

Yano Motoharu est le genre de garçon qui rayonne, celui que tout le monde trouve drôle, celui que tout le monde adore. Impertinent et toujours plein d'entrain, il fait des ravages dans les coeurs des filles et Nanami, fraiche et naïve élève de sa classe, ne tarde pas à faire partie des victimes. Et pourtant Yano a un douloureux secret enfermé au fond de lui.

Le personnage de Nanami est un peu trop  comment dire... gentil à mon goût et la trame de fond trop compliquée pour être crédible (enfin je trouve), mais il y a de bons passages très drôles et des situations parfois très pertinentes dans le positionnement garçon / fille.

Lovely complex

auteur du manga Aya Nakahara
24 épisodes

Otani et Koizumi sont rapidement surnomés All Hanshin Kyojin par leur prof principal en référence à un duo de comiques japonais dont l'un est très grand et l'autre petit. Grande, Koizumi l'a toujours été et cela lui a toujours posé des problèmes. Lui aussi complexé par ses 1m56, Otani a développé un solide sens de la répartie. Gêné l'un par l'autre, ils se cherchent régulièrement, jusqu'au jour où Koizumi tombe amoureuse d'un nouveau. Otani qui a des vues sur une des copines de Koizumi échaffaude alors un plan pour favoriser les rencontres.

Cette série  traite principalement du complexe de taille de ces deux-là et joue beaucoup sur la répartie des deux personnages principaux.  L'intrigue est très bien construite, rapide et sans complications inutiles.
Il semblerait que le manga (15 tomes au Japon - 13 en France chez Delcourt) ne soit pas terminé alors que la série finit à l'épisode 24.
On peut noter que ce manga a été primé deux fois : élu meilleur shojo de l'année en 2004 aux Shogakukab Manga Awards et deuxième prix de la meilleure nouveauté 2007 de l'Anime Grand Prix du magazine Animeland en 2008.
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Published by La Poof - dans Côté animes
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 05:40

Je suis déconnectée de l'information perdue que je suis dans mon île, mais l'info arrive à moi malgré moi et voici que je découvre la nouvelle escarmouche de la législation des copies et partages de fichiers sur internet : le dispositif Hadopi ou loi Oliviennes. La polémique continue.


D'un côté, on a des entreprises (à but lucratif, faut-il le préciser ? ce n'est d'ailleurs pas une critique) qui considèrent que si quelqu'un se fournit le produit qu'ils vendent sans l'acheter, c'est qu'il y a vol.

De l'autre, des gens qui téléchargent parfois très peu, parfois beaucoup et n'entendent pas qu'on les en empêchent.

Et au milieu des artistes qui, s'ils sont les premiers concernés, sont partagés sur le sujet et en juge arbitre des politiques qui ont du mal à tolérer l'espace de liberté hors contrôle qu'est internet, sans doute par crainte (justifiée sans doute) de débordements et qui aimeraient pouvoir un peu mieux contrôler ce qu'il s'y passe.


Je, tu, il, nous, vous, ils, tout le monde télécharge peu ou prou. Pourquoi téléchargeons-nous ? Et bien, parfois pour se faire une copie numérique d'un VHS qu'on aime et dont la qualité s'étiole ou pour remplacer ce tout nouveau DVD piétiné par le petit dernier, parfois pour avoir un avant goût d'un film ou d'un album, parfois parce que l'album en question ou le film sont introuvables, parfois par fainéantise et parfois par soucis d'économie, parce que payer le dit film ou album revient cher, très cher. Dans cette période de marasme où chacun compte ses sous, je me demande d'ailleurs si c'est bien judicieux politiquement parlant de menacer le peuple de lui faire abandonner ses petits plaisirs. Mais je m'égare.

La vrai question c'est pourquoi ne ressentons-nous aucun scrupule, aucun remord face à ces téléchargements ? Sommes-nous devenus amoral ? Je ne crois pas. On ne voit simplement pas où est le mal. Pourquoi ? Et bien, peut-être parce que les majors à force de tirer sur la corde se sont taillés une belle réputation de pourris et qu'une entité telle que la leur, de par sa nature et de par ses procédés, ne peut obtenir la compassion du public. Peut-être parce qu'on a du mal à comprendre comment ces gens dont on nous jette la réussite et les fortunes à la figure sans arrêt dans la presse people pourraient souffrir de quelques téléchargements. Peut-être parce que le plus bel hommage qu'on puisse rendre à une œuvre c'est de la partager, de la diffuser le plus largement possible. Peut-être enfin, parce que nous considérons ces œuvres un peu comme notre propriété à l'instar de Le Chapelier qui en 1791 parle déjà de "principe de liberté et de propriété publique.


« un ouvrage publié est de [par] sa nature une propriété publique »  Le Chapelier


Au delà de la polémique, les artistes sont dans la tourmente. Riches, ils sont loin de l'être tous et ils ne sont sans doute pas tous concernés de la même façon selon le domaine dans lequel ils évoluent.

Les acteurs sont payés au cachet lors du tournage. Même si certains touchent un pourcentage des ventes des places de cinéma, leurs revenus ne sont pas complètement assujettis aux ventes. De plus, les cinémas restent des lieux privilégiés pour voir les films et j'ai bien du mal à croire qu'on les abandonnera. Les séries télé et animes, en revanche, seront peut-être d'avantage impactées. C'est exaspérant de devoir attendre une heure précise pour voir sa série préférée et tant que la télé à la demande ne sera pas vraiment en place à un prix (très) raisonnable (voire gratuitement, après tout les télé se payent autrement via les taxes et les pubs), le téléchargement lui fera une concurrence acharnée.

Pour les auteurs et illustrateurs de livres, albums, BD, je ne suis pas sûre qu'on en arrive à une numérisation des œuvres. Je suis une grosse lectrice dans ces trois catégories et je n'arrive pas à lire sur écran, je ne trouve pas ça confortable. Lire une BD sur écran, c'est pas la panacée et à l'heure actuelle, il me faut l'objet livre dans les mains. J'ai besoin de le toucher, de tourner les pages, de pouvoir l'emmener partout et à moins de créer un livre numérique sur deux écrans ou une nouvelle façon de lire (après tout on est bien passé du rouleau de parchemin au livre, on peut penser qu'on inventera un jour une nouvelle forme de lecture), je n'imagine pas d'abandonner les livres.

Mais, à priori, c'est la musique qui est la plus touchée par cette crise, avec 60 % de baisse de ventes sur 5 ans. Si certains artistes ici prennent position de manière nette contre le téléchargement, d'autres sont radicalement contre les sanctions à l'égard des internautes.


« La révolution numérique a balayé l’ancien modèle économique des années 60, et changé pour toujours les relations entre les artistes et les fans. Pour les entreprises qui ont gagné leur vie en se positionnant entre les deux, les temps sont durs, mais pour les musiciens et leurs admirateurs, ça devrait être une fantastique opportunité » Featured Artists Coalition


D'autres encore sont nés du téléchargement et certains enfin essayent des solutions alternatives depuis quelques années parfois.


« Je n'ai jamais autant gagné ma vie qu'aujourd'hui grâce aux droits dérivés alors que mes musiques sont pillées par les DJ pour des samples et que mes albums sont piratables » Cerrone


Les majors, de leur côté, considèrent que le piratage, ainsi qu'ils l'appellent, leur fait perdre de l'argent. Je ne suis pas sûre de ça. D'abord, les personnes qui piratent je dirai pour pirater, c'est à dire uniquement pour avoir une copie gratuite, n'achèteraient sans doute pas l'œuvre. Ceux qui piratent par curiosité, pour tester, auront tendance à acheter le CD ou DVD qui leur aura vraiment plu ou les produits dérivés, ce qui ferait penser que le piratage profite d'une certaine façon aux majors.

Mais s'il est vrai que les ventes baissent, c'est ce qu'on nous assène sans arrêt, et plutôt que de chercher un bouc émissaire, reflet d'une cause simplifiée à outrance, ne vaudrait-il pas mieux essayer de comprendre le pourquoi de cette baisse ? D'abord j'ai du mal à croire que le nombre de personnes connectées sur internet soit suffisant pour la justifier. On voudrait nous faire croire que tout le monde a internet ? Que les gens qui achètent des CD ou DVD sont des gens qui ont tous internet ? Bon, les consommateurs "connectés" représentent peut-être une part de marché importante, mais de là à tout justifier en s'appuyant sur ces prédicats, j'ai un peu de mal.


« La Commission observe également que les seuls motifs invoqués par le gouvernement afin de justifier la création du mécanisme confié à l'HADOPI résultent de la constatation d'une baisse du chiffre d'affaire des industries culturelles. A cet égard, elle déplore que le projet de loi ne soit pas accompagné d'une étude qui démontre clairement que les échanges de fichiers via les réseaux « pair à pair » sont le facteur déterminant d'une baisse des ventes dans un secteur qui, par ailleurs, est en pleine mutation du fait notamment, du développement de nouveaux modes de distribution des œuvres de l'esprit au format numérique. » CNIL


Et quand bien même, est-ce simplement une solution de facilité de la part des consommateurs éventuels ? N'est-ce pas un effet de bord tout à fait prévisible du prix exorbitant des CD et DVD couplé à la baisse non moins réelle du pouvoir d'achat et de la boulimie audiovisuelle de la population ? D'où vient cette boulimie d'ailleurs si ce n'est du martelage incessant des majors visant à nous faire consommer plus ? Ne sont-ils pas quelque part responsables de la situation ? N'ont-ils rien vu venir ? N'auraient-ils pas pu/du anticiper ? Et au final, le système économique actuel n'est-il pas obsolète comme semble le penser de plus en plus de monde, dont le prix Nobel d'économie de 2008, M. Paul Krugman ?


 « Octet après octet, tout ce qui peut-être numérisé sera numérisé, rendant la propriété intellectuelle toujours plus facile à copier et toujours plus difficile à vendre plus cher qu'un prix nominal. Et nous devrons trouver les modèles économiques et les modèles d'affaires qui prennent cette réalité en compte. » P. Krugman


En fait, les majors me font l 'effet de se démener comme des diables pour garder à tout prix la main mise sur une situation et la forcer à rester telle quelle. C'est une réaction instinctive, une réaction de survie car ils se sentent menacés. Mais, l'idée n'est pas nouvelle, survivre par l'immobilisme n'est jamais que de la survie, c'est dans l'adaptation et l'évolution qu'on peut continuer à se développer. Or le monde de la production artistique, que ce soit sa production, sa diffusion ou l'économie qui y est liée, est en pleine mutation et j'imagine difficilement qu'on puisse stopper cet élan, d'autant moins qu'il est dans la nature même de l'art d'évoluer.


 « Copier est en soi une forme de culture, et le progrès technologique l'emporte toujours » Johannes Kreidler


C'est pourquoi je suis perplexe quand je vois les politiques essayer de soutenir les majors dans cet effort de sclérification. Si ce n'est que je me dis qu'ils ne poursuivent peut-être pas tout à fait les même buts et qu'en répondant au lobby de ceux-ci, ils répondent dans le même temps à leurs propres préoccupations.

Qu'est-ce que c'est que cette loi Hadopi finalement ? Un dispositif visant une sanction "progressive" des personnes téléchargeant illégalement des films, musiques ou autres sur le net. Elle prévoit la suppression des accès aux contrevenants tout en garantissant aux fournisseurs d'accès le paiement des abonnements (faut pas déconner quand même c'est pas le moment de se les mettre à dos). Pour se faire elle se basera sur la surveillance du trafic et les adresses IP des postes qui téléchargent.

Le projet est fortement décrié par de nombreux organisme officiels qui s'inquiètent tant au niveau technique qu'au niveau de la remise ne cause des libertés individuelles, dont l'AFA (association des FAI) quelque peu en porte-à-faux dans cette affaire..

Ce n'est pas la première fois qu'on le constate, le gouvernement n'aime pas reconnaître ses erreurs de jugement et s'entête en essayant de discréditer ses adversaires (politique quand tu nous tiens). Ainsi la ministre Albanel considère que la Quadrature du net, qui avait appelé les internautes à contacter leurs députés pour montrer leur opposition au projet, ne sont guère que « cinq gus dans un garage qui envoient des mails à la chaîne » (voir articles ici et ) ce qui, en plus de sa mauvaise foi, nous montre sa méconnaissance des technologies du net.


Big Brother is watching you

Hadopi mode d'emploi


Les fournisseurs d'accès internet (FAI) recueillent d'ores et déjà les informations sur nos connexions sur une année glissante, comme prévue par la loi anti terrorisme (pratique ces lois qui ont profité de la terreur des gens). Ces informations seront envoyées aux serveurs de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur l'internet (Hadopi).

Là des fonctionnaires vérifieront les données (vos données privées ou non) et qualifieront les infractions constatées : simple erreurs de personne n'ayant pas connaissance des droits d'auteurs rattachés à l'œuvre ou piratage (et auront toute latitude pour décider de la gravité de l'infraction).

Une fois l'infraction constatée, l'Hadopi enverra une recommandation via les fichiers des FAI identifiant les internautes en se basant sur l'adresse IP. En cas de récidive dans les six mois, les internautes se verront supprimé leur accès internet (mais à priori seulement les accès aux données publique c'est à dire pas leur téléphone ou leur télé ni encore leur mail ou messenger... c'est du moins ce que je comprends) tout en continuant à payer pour celui-ci. De plus un répertoire des personnes ayant eu leur accès supprimé sera mis en place, répertoire que les FAI pourront consulter pour toute nouvelle demande de connexion (ça me rappelle la banque de France et son fichier des interdits bancaires... Y a pas à dire, on n'a pas le droit à l'erreur) .

Bien sûr, chacun étant responsable de son accès, il devra mettre en place les protections nécessaires. C'est pourquoi, parallèlement, l'Hadopi fournira une liste de logiciels de contrôle et de filtrage référencés que les internautes pourront installer pour protéger leur accès (ce qui fait bondir les partisans du logiciel libre). Avec un contrat à la clé : vous voulez prouver votre bonne foi, installez le logiciel de filtrage préconisé (en clair vous vous placez vous même sous surveillance).

Elle prévoit également la mise ne place de contrôle des sites accessibles directement au niveau des FAI par la mise en place de liste de sites interdits (seule la Chine procède de cette façon actuellement, on tombe bien bas).


Voilà pour le « comment ».


Ce que nous retenons ici, moi et mon côté admin système, c'est la difficulté de mise en œuvre, sa lourdeur et son coût pour les FAI, l'inefficacité de cette loi face à la diversité des moyens d'accès, les solutions techniques faciles pour contrecarrer celle-ci,...


Ce que nous retenons encore, moi et ma petite paranoïa personnelle, c'est la surveillance du réseau dans son ensemble, la conservation des données privées dans des fichiers, la censure arbitraire des sites web, le contrôle des outils logiciels, le contrôle des données privées, le pouvoir décisionnel des fonctionnaires, le recoupement d'informations à caractère privé …


Tout ça pour dire que je suis inquiète et que ce genre de positionnement de la France m'exaspère. Pour information, les autres pays ayant été tenté par la riposte progressive ont abandonné les projets de lois face à la pression des internautes qui s'étaient ligués contre. De la même manière, la Quadrature du Net tente de regrouper les internautes français par des actions de Black Out du net et autres. Si vous vous sentez concernés, vous pouvez également les rejoindre sur Facebook.





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